Témoignages

Clémence, prof des écoles en Louisiane

Le parcours de la pétillante Clémence vous donnera envie, j’ai souhaité l’interviewer notamment pour son expérience en Louisiane qui devrait vous fasciner ! (Témoignage d’août 2022)

Est-ce que tu peux te présenter (d’où tu viens, quel âge tu as et où tu vis actuellement) ?

Je m’appelle Clémence, j’ai 31 ans et je viens du Tarn-Et-Garonne, la vraie campagne ! J’ai rejoint Bordeaux pour mes études et j’y ai élue domicile il y a plus de 10 ans maintenant. Je me suis un peu éloignée de la métropole bordelaise ces dernières années pour des raisons de postes évidemment et cela va donc faire 5 ans que je travaille/vis à Salleboeuf, à 30 minutes de Bordeaux.

Quel est ton parcours académique ? Comment et pourquoi tu as choisi cette voie ?

Après ma licence de géographie, j’ai directement intégré le master MEEF pour devenir professeure des écoles. A l’époque nous passions le concours (CRPE) la première année de master et sans grande attente car très difficile dans la région bordelaise. Mais je l’ai eu à ma plus grande surprise du premier coup. J’ai donc été très jeune professeure et tout juste sortie de la vie étudiante ça n’a pas été facile d’autant que l’année de stagiaire nous met dans le bain direct. J’ai donc pris mon temps, fait une année de stage supplémentaire pour être vraiment prête ! Et comme j’ai toujours aimé ce rôle d’aide auprès de mes pairs en classe où dans ma sphère personnelle, je me suis donc assez vite dirigée vers ce métier.

Comment s’est passé ta participation au programme CODOFIL ? (candidature, recrutement, accompagnement sur place etc.)

J’ai participé au programme CODOFIL en 2019/2020. A l’époque les phases de recrutement se faisaient jusqu’à fin janvier, et comme je souhaitais partir, je feuilletais un peu toutes les possibilités. Il faut savoir que partir à l’étranger en tant que fonctionnaire c’est énormément d’administratif ! Le dossier « CODOFIL » me paraissant presque le plus simple à faire étant donné que j’avais déjà rassemblé un bon nombre de documents et surtout pour le détachement, c’est eux qui s’en occupaient ! Après avoir posé mon dossier, j’ai été retenue pour un entretien à Paris où l’on rencontrait les principaux acteurs qui s’occupaient du programme là-bas. Après 2h de présentation du programme, de l’expatriation etc … j’ai donc passé un entretien en français et un peu en anglais. Les questions étaient orientées sur tes motivations, ta façon d’enseigner, tes préférences mais aussi sur la faisabilité de ton projet (d’un point de vue financier, personnel). Une fois retenue, quelques semaines après les entretiens, vient alors le dossier VISA (celui-là un peu plus lourd !) mais globalement le CODOFIL nous aiguille bien sur les différentes étapes à faire et les différents documents à fournir. Fin juin je me retrouvais donc à Paris à l’ambassade des Etats-Unis pour l’obtenir, pour partir 3 semaines plus tard ! Arrivée sur place, le CODOFIL organise un stage à Baton-Rouge pour nous présenter un peu ce qui va nous arriver cette année, nous accompagne pour réaliser notre carte de sécurité sociale mais aussi et surtout pour que tous les nouveaux arrivants se rencontrent, nous étions une soixantaine de français et une dizaine de belges. Je peux donc dire que l’accompagnement est plutôt bien pris en charge ! D’autant que sur place dans nos nouvelles contrées, nous avons aussi des référents pour trouver un appartement, passer le permis ect …    

Dans quelle école tu étais ? Quelles étaient tes missions en Louisiane ?

J’étais à Ruston, petite commune au Nord de la Louisiane à 5h de la Nouvelle-Orleans. J’étais dans une école américaine. Dans cette école, il n’y avait que des PRE-K soit leur première année d’école (équivalent de Moyenne Section en France) et il y avait 16 classes de pre-k dont deux en classes d’immersion française. J’étais donc face à des enfants qui n’avaient jamais entendu parler de leur vie ce langage qu’est la langue française et pourtant je devais leur parler en français toute la journée ! Bon au début, pour les règles de vie, j’ai du développer mon anglais pour me faire comprendre. Après deux semaines, je commençais à réellement entamer l’immersion française. Les premiers mots de vocabulaire en français apparaissaient de leur bouche et surtout à force de gestes et de rituels, les enfants développaient une compréhension de plus en plus fine de la langue française.

Quelles différences dans l’enseignement et avec les élèves as-tu pu remarquer ?

Les différences sont énormes :

– La religion en Louisiane est très présente et c’est un peu perturbant de voir ça également à l’école (prières en début de réunion par exemple) et certaines collègues américaines y font référence dans leur classe.

– On le voit moins en Pre-k mais j’ai pu l’observer dans d’autres classes et justement en essayant de faire la liaison avec la classe supérieure. En gros, les élèves sont assez libres dans cette année de pre-k mais l’année d’après c’est directement plus carré, assis à une table et travail sur fiche ! Alors qu’en France, nous avons 3 ans d’école maternelle pour se préparer à cela.

– Au niveau de l’enseignement, les élèves ont l’habitude de répéter, copier ce que fait l’enseignant. En France on apprend plus à réfléchir, à construire ses apprentissages.

– Le rythme en tant qu’enseignante est très différent aussi car j’étais toute la journée avec mes élèves : je m’occupais de la surveillance du repas, de la surveillance de la sieste, de toutes les surveillances de récréation avec seulement 30 minutes de pause pour manger. De plus, toutes les classes n’avaient pas les mêmes horaires, nous avions tous des horaires différents pour manger, pour passer aux toilettes, pour aller dans la cour, et il fallait bien respecter son horaire sinon ça chamboulait toute l’organisation pour tout le monde !

– Le salaire est évidemment un gros plus

– Les effectifs sont agréables : 16 élèves dans ma classe et la présence d’une ATSEM toute la journée !

Qu’as-tu pensé de cette expérience ?

C’est une expérience ultra enrichissante ! J’avais l’impression d’apprendre tous les jours au contact de mes élèves (au niveau de la langue, au niveau de la culture) et en échange je leur apprenais ma langue et ma culture et les bases pour devenir élève. Cela m’a également permis de voyager partout dans les Etats-Unis, le fait d’avoir été isolée au fin fond de la Louisiane m’a finalement poussée à énormément bouger.

Quels conseils tu donnerais à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans cette expérience ?

C’est une excellente première expérience à l’étranger car l’accompagnement est vraiment présent maintenant il ne faut pas avoir peur du choc culturel notamment pédagogique et il faut savoir s’adapter à tout.

Que fais-tu aujourd’hui ? Quels sont tes projets futurs ?

Actuellement je viens de finir l’année scolaire dans mon école de cœur en France que j’ai eu la chance de retrouver après mon année aux États-Unis. Je m’apprête à nouveau à la quitter pour partir vivre à l’île Maurice et enseigner là-bas à l’École du Nord. C’est une grosse école française assez réputée et en lien avec l’AEFE. Après plusieurs séjours à Maurice dans l’année, j’ai postulé pour plusieurs écoles françaises, j’ai passé l’entretien pour un contrat local au mois de juin auprès de celle-ci et j’ai été prise ! J’avais un peu plus tôt dans l’année fait ma demande de disponibilité auprès de l’Éducation Nationale qui avait été acceptée assez rapidement. J’envisage également de travailler auprès d’une boite de soutien scolaire en plus de ma classe.

Pour plus de témoignages, vous pouvez consulter la page dédiée aux enseignants dans le monde.

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