Laurie : professeur des écoles et de FLE à Montréal
Témoignage recueilli en avril 2026.
Le parcours académique de Laurie
Laurie a fait un DEUG de Lettres avec des séances de découverte du FLE à l’université de Lille. Elle s’est ensuite orientée vers un parcours en histoire de l’art médiéval en reprenant une licence et en validant un master 1. Après une expérience au CNRS et face aux difficultés de recrutement du secteur, elle se questionne sur son projet professionnel.
L’expérience d’enseignement en France de Laurie
C’est grâce à un stage en école maternelle qu’elle découvre le métier de professeur des écoles. Elle passe ensuite le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) dans l’Académie de Lille et obtient son premier poste à la campagne dans une classe multi-niveaux du CP au CM2.
Elle évolue professionnellement et devient maître formateur en passant le certificat d’aptitude aux fonctions de formateur (cafipemf) et en validant en même temps un master en ingénierie de la formation (à l’INSPE de Lille). A cette période, elle continue d’avoir une classe auprès de laquelle elle enseigne, son mercredi est dédié à la formation des enseignants en poste, le jeudi et le vendredi elle forme les étudiants de l’INSPE.
Un départ pour le Québec et une première expérience dans le FLE à l’Université McGill et en entreprises privées
Grâce au visa de son mari, elle peut prétendre à un permis de travail ouvert qui lui permet de travailler pour différents employeurs au Québec et peut obtenir une mise en disponibilité de la part de l’Education Nationale pour rapprochement de conjoint. Une fois sur place, elle cherche du travail mais se heurte à plusieurs difficultés : faire reconnaître ses diplômes et trouver une première expérience professionnelle alors que tout le monde lui demande de déjà avoir une première expérience professionnelle sur place.
Grâce au réseau qu’elle va se constituer et sans jamais baisser les bras, elle décroche un entretien pour être enseignante de FLE à l’université McGill (l’une des plus réputées du Canada). Depuis, elle y est évaluatrice TEF (Test d’Evaluation du Français) ainsi que titulaire de cours asynchrones pour le personnel hospitalier qui suit des cours de FLE en asynchrone.
En plus de ses missions pour l’université McGill, lors de sa première année au Canada, elle assure des missions de formation en FLE pour deux entreprises privées et des cours particuliers.
Une expérience comme enseignante dans une école québécoise
Les diplômes de Laurie ont été reconnus et elle a réussi à obtenir un poste d’enseignante dans une école maternelle québécoise avec une classe de niveau équivalent à la grande section.
Les élèves ont cours toute la semaine de 7h47 à 15h12 (les horaires dépendent du passage du bus scolaire). Ils ont 15 jours de vacances à Noël, une semaine de vacances en mars et les vacances d’été ont lieu du 22 juin au 22 août.
Les effectifs dans les classes sont agréables : entre 15 à 18 élèves. Le programme est plus allégé qu’en France et plus axé sur le vivre ensemble. Les élèves québécois sont vraiment très forts en mathématiques.
Un poste de professeur des écoles dans un établissement de l’AEFE
Laurie obtient ensuite un emploi en lien avec son expérience de professeur des écoles mais également avec le FLE.
Elle trouve un poste de remplaçante puis un contrat d’un an comme enseignante de FLE où elle fait du co enseignement avec les professeurs volontaires dans les classes. Elle a des élèves de 4 ans à 12 ans qu’elle voit sur trois jours par semaine. Son contrat est de 18h semaine, ce qui correspond à un 50% annualisé et qui inclut 5 heures de préparation.
Quelles sont les conditions de travail au Québec ?
Laurie cumule actuellement deux contrats : un contrat local pour l’établissement de l’AEFE (un temps partiel de 50% annualisé) et un contrat qui est renouvelé toutes les 8 semaines pour l’université McGill. Elle fait aussi des vacations lorsqu’elle fait passer le TEF.
En termes de salaire, pour l’établissement de l’AEFE, elle est payée selon son temps partiel (50%) mais sur le même échelon que celui qu’elle avait en France (soit 50% de 86 000 dollars canadiens), ses vacances lui sont payées et son contrat sera reconnu pour sa retraite en France.
Lors de son expérience à l’école maternelle québécoise, Laurie était payée 4500 dollars canadiens par mois pour 15 heures par semaine.
Avec l’université McGill, toutes les 8 semaines, elle est payée 1500 dollars canadiens pour 30h de correction et de nouveau 1500 dollars canadiens pour 24h de tutorat pour les cours asynchrones.
Quand elle fait passer le TEF, elle est rémunérée 75 dollars canadiens de l’heure.
Et le coût de la vie à Montréal ?
Le coût de la vie à Montréal est élevé, beaucoup de gens doivent cumuler plusieurs emplois pour vivre. A titre indicatif, un appartement T3 à Montréal vous coûtera environ 2500 à 3000 dollars canadiens par mois, un panier de courses pour 4 personnes est d’environ 1500 à 1800 dollars canadiens et si l’électricité et l’eau ne sont pas très chères, l’abonnement de téléphone et de métro représente un budget plus conséquent.
Quels conseils a-t-elle à vous donner ?
La reconnaissance des diplômes n’est pas toujours évidente, Laurie conseille de s’y prendre bien en avance. De son côté, on lui a demandé de fournir tous ses diplômes et relevés de notes en copie certifiée conforme (à partir des originaux). Elle a dû redemander certains relevés de notes à son université et même de les refaire signer car le Canada refusait un tampon ou une signature à l’encre noire. Ce processus lui a pris entre 6 à 9 mois.
Petit conseil donc : réunissez tous vos documents en France et faites-les certifier en mairie en France avant votre départ !
Ses diplômes ont bien été reconnus mais sous certaines conditions. Si elle veut continuer d’enseigner après 18 mois, elle doit passer le TECFÉE, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement, pour prouver sa connaissance du français (et c’est assez pointu !). Si elle veut devenir enseignante titulaire au Québec, elle devra valider 5 ou 6 UE à l’université.
Quelles sont ses impressions du Québec en comparaison avec la France ?
Laurie apprécie la confiance donnée aux enseignants dans la culture québécoise et une certaine liberté d’enseignement mais regrette le manque de sécurité de l’emploi. Les possibilités d’emploi sont aussi réduites car c’est cloisonné/réduit à ce qui est validé lors de la reconnaissance des diplômes. Le coût de la vie à Montréal est assez élevé ce qui rend l’accès à la propriété compliqué et tout ce qui concerne la santé est aussi très vite cher.
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