Témoignages

Marion, prof de FLE en Chine

Voici le témoignage de Marion, récolté en juillet de 2022, sur son expérience de prof de FLE en Chine.

Présentation et parcours académique

Marion a 33 ans et est originaire de Haute-Savoie. Après une licence en musicologie, elle tente de passer le concours du CRPE dans l’académie de Grenoble. N’ayant pas été reçue, elle part une année en Angleterre comme jeune fille au-pair.

A son retour, elle décide de faire un bilan de compétences et c’est là … qu’on lui parle du FLE !

Elle reprend donc ses études à l’université de Grenoble en commençant par un DU FLE à distance en partenariat avec le CNED. Elle continue ensuite avec le Master FLE qu’elle obtient en 2015. Pendant ses études, elle fait un stage à l’Institut français d’Oslo. Elle rédige son mémoire sur la conception d’activités numériques à utiliser en classe avec des tablettes.

Première expérience professionnelle comme prof de FLE en Chine (Macao)

En cherchant sur les sites internet dédiés aux offres d’emploi pour le FLE, elle postule à l’Alliance Française de Macao où elle sera prise et restera pendant deux ans et demi. Sa mission consistera à donner des cours de français langue étrangère et de français langue maternelle à un public varié. En effet, elle enseigne à des enfants, à des adolescents, à des étudiants à l’université et à des adultes.

L’Alliance Française s’est occupée de son visa et cela a pris quelques mois avant qu’elle puisse aller travailler en Chine. Mais une fois sur place, elle est satisfaite des conditions de travail même si elle n’a qu’un jour de repos par semaine et que, parfois, elle termine à 21h. Elle a 15h à 17h de cours par semaine et elle reçoit un salaire de 2000 euros fixe par mois. Cette rémunération lui permet largement de vivre sur place.

Une journée type d’enseignement à Macao

Pour Marion, une journée type à l’AF de Macao, c’était assez irrégulier. Au niveau des horaires et les emplois du temps ont beaucoup changé en 2 ans et demi. Par exemple, elle pouvait commencer le matin autour de 9h-10h (au plus tôt mais parfois, elle pouvait ne pas avoir cours). Elle avait principalement des cours particuliers durant la journée. Le matin c’était des adultes et l’après-midi des ados ou des enfants. L’après-midi, elle pouvait commencer vers 13h-14h. Et tous les soirs (sauf samedi/ dimanche), elle avait des cours de groupe pour adultes de 19h à 21h (il y avait une formule 2x 2 heures par semaine). Elle était envoyée dans les universités aussi certains après-midis ou soirées (3h de cours). Le samedi, elle commençait autour de 9h avec des cours de groupe (2h max) et l’après-midi, elle avait les cours enfants (groupe ou particulier). Elle commençait vers 14h et finissait vers 17h. (Il y avait des pauses entre les cours). Pour ce qui est du dimanche, à la fin de son contrat, le directeur avait réservé ce jour aux enfants. Elle commençait à 9h avec des cours de groupe pour enfants de 6 à 11 ans (2 groupes = 2×1,5 heures de cours avec 30 minutes de pause entre les 2). Puis, elle enchainait à 14h pour 2 classes de petits (2×1 heure avec 30 minutes de pause entre les 2). Les élèves n’étaient pas du tout familiers avec les nouvelles technologies (mais cet aspect n’était pas vraiment mis en avant à l’AF).

Recueil d’impressions et conseils pour un prof de FLE en Chine

Son expérience d’enseignement du français à un public macanais lui a permis d’être sensibilisée à la culture éducative chinoise. Elle a ainsi remarqué que ses apprenants avaient un sens prononcé de la discipline et de la hiérarchie permettant un déroulé facile du cours. A contrario, elle pointe du doigt que les activités qui demandent de la créativité ou qui ont recours au jeu peuvent être difficiles pour ce public qui pourra préférer le traditionnel exercice de grammaire.

Un petit conseil de Marion si vous partez vous installer à Macao : apprenez votre adresse en cantonnais si vous prenez le taxi, il risque de refuser la course si vous vous contentez de l’anglais !

Et la vie à Macao, c’est comment ?

Marion décrit Macao comme le Las Vegas de la Chine. Elle annonce que ça peut faire un peu peur au premier abord mais si on n’a pas envie de voir les casinos c’est très facile au final. C’est une cité-Etat qui est divisée en trois parties :

1. Macao, la péninsule, partie aux influences chinoises et portugaises (d’un point de vue achitectural), la plupart des locaux y habitent et c’est la partie centrale de la cité-Etat. 

2. Taipa, une île où on va trouver plus d’expatriés et où on trouve la majorité des casinos. C’est une zone plutôt moderne avec de grands buildings. 

3. Coloane, une île qui a été rattachée à Taipa et qui est plus rurale. On va y trouver la nature, la plage et aussi des petits villages de pêcheurs.

Il nous livre que c’est une ville où elle a aimé vivre. Selon elle, c’est une bulle où tout est facile et où on se sens en sécurité. Il y a une atmosphère de fête avec les casinos mais également très traditionnelle avec ce mélange des cultures chinoise et portugaise et elle a aimé ce contraste. Le seul petit bémol c’est que c’est très petit et du coup, tu as vite fait le tour.

En route pour le Népal et la Malaisie

Dans une quête de nouvelles aventures, Marion a ensuite enseigné dans une école internationale à Katmandou au Népal puis à l’Alliance Française de Penang en Malaisie.

Lors de son expérience d’un an au Népal, elle donnait des cours de français langue maternelle aux adolescents souvent bilingues car fils ou filles d’expatriés. Étant dans une école internationale, elle disposait donc des vacances scolaires mais était payée à l’heure pour un salaire de 600 euros par mois.

En Malaisie, elle enseignait le français à tous les publics (puisqu’elle avait l’expérience du Népal des ados, on pouvait être plus enclin à lui proposer des adolescents). Elle travaillait 25h par semaine à l’Alliance Français de Penang et gagnait 1000 euros en incluant des vacances payées lors des intersessions. Elle y est restée deux ans et a apprécié la diversité culturelle du public malaisien (composé de chinois, malais, indiens notamment) mais a trouvé que le format du cours particulier était trop présent dans la culture éducative. Mais la crise du COVID étant arrivée et le confinement en Malaisie s’étant succédée, elle n’a pas pu qu’apprécier partiellement la culture.

A présent rentrée en France, Marion peut dire son expérience à l’étranger a été très formatrice et riche en aventure. Elle a un penchant pour son histoire avec Macao qu’elle qualifie comme une expérience globale qui reste unique pour elle.

Voilà pour ce qui est du témoignage de Marion qui a travaillé comme prof de FLE en Chine. Pour plus de témoignages, n’hésitez pas à consulter la page dédiée ainsi que la chaîne Youtube !

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