L’approche communic’actionnelle en FLE
Bonjour et bienvenue sur Éducation Voyageuse, moi c’est Justine et aujourd’hui on va parler de la communic’ationnelle, c’est un sujet qui m’a été demandé suite à la publication de ma vidéo sur les méthodologies du français langue étrangère donc je réponds à votre demande, on va parler de ce que c’est, de qui l’a abordé, les grands principes et les concepts de la communicationnelle.
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Qu’est-ce que l’approche communic’actionnelle en FLE ?
Alors, la communic’ationnelle, qu’est-ce que c’est ? C’est une démarche, une démarche qui vise à rendre opérationnelle la perspective actionnelle, donc vous savez que la perspective actionnelle, j’ai fait plusieurs vidéos, je vous les mets là, j’ai fait plusieurs vidéos sur la perspective actionnelle, c’est une méthodologie du fleu qui apparaît dans le CERL, mais c’est vrai qu’on n’a pas d’indice pour savoir comment l’appliquer concrètement sur le terrain.
Claire Bourguignon et la naissance de l’approche communic’actionnelle
C’est d’ailleurs pour ça que j’ai fait moi une formation en perspective actionnelle que je vous mets là pour comment créer vraiment ces séquences de cours en perspective actionnée. Et Claire Bourguignon, qui est donc professeure des universités en didactique des langues, elle fait aussi ce constat en se disant, c’est vrai que moi j’ai l’impression de voir, de faire le constat que les apprenants, les enseignants sont lassés, démotivés face à l’enseignement et l’apprentissage des langues, et en plus les pratiques pédagogiques sont un peu anciennes puisqu’elles sont vraiment basées sur les connaissances linguistiques, ce qui n’est pas du tout ce que prône ce CERL qui date quand même de 2001.
Donc elle élabore ce concept, cette démarche de la communique actionnelle qui est une opérationnalisation de la perspective actionnelle.
Les grands principes de l’approche communic’actionnelle
Ça date un peu puisque c’est 2005-2008 je crois, donc dans ces aux-là, j’ai pas la date exacte mais c’est par là. Donc ça date un peu maintenant.
Et en gros, elle reprend les principes de la perspective actionnelle, elle met l’accent sur le fait qu’on n’a plus un apprenant, la vision de l’apprenant change, on le considère maintenant comme apprenant usagé de la langue, on ne se focalise plus sur la tâche communicative mais sur la tâche action qui n’est pas que langagère, et l’acte de parole laisse place à la tâche sociale.
Le trio tâche-stratégie-compétence dans l’apprentissage des langues
Et donc il y a vraiment une idée de l’engagement de l’apprenant dans l’action et donc dans la tâche.
Donc elle met vraiment l’accent sur le trio tâche-stratégie-compétence, puisqu’il s’agit en fait de mobiliser de manière efficace des compétences dans des situations, problèmes à résoudre, la tâche complexe à réaliser.
L’action est donc une stratégie puisque l’apprenant, il vient mettre en place une stratégie ou plusieurs stratégies pour devenir autonome dans l’utilisation de la langue et c’est vraiment à travers l’accomplissement de tâches que l’apprentissage de la langue se fait.
Le scénario-apprentissage-action : une démarche pour le FLE
En fait, elle vient transposer de manière opérationnelle la perspective actionnelle au travers d’un concept qu’elle appelle le scénario-apprentissage-action.
Le scénario-apprentissage-action, c’est une démarche et non pas un modèle dans laquelle s’engage l’apprenant à travers la réalisation d’actions.
Dans sa démarche, cette action va prendre la forme d’une mission, donc l’apprenant s’engage vraiment dans le cadre d’une mission qui lui est confiée, donc on sort vraiment de la logique thématique, aujourd’hui on va voir les nombres, aujourd’hui on va voir les couleurs, on oublie, et on sort aussi de la logique qui est de l’étude de texte.
La mission, la contrainte et les micro-tâches
Bon, mais voici un texte, aujourd’hui on va l’étudier, on va faire l’étude de ce texte, non, ça non plus, toutes les thématiques, tous les documents sont au service de la réalisation de la tâche, et cette tâche elle est ancrée dans une situation, elle est liée à un domaine particulier.
Donc ce scénario-apprentissage-action, il a trois composantes, donc la mission, tu es, tu travailles, tu es choisi, pars, machin chose, donc la mission qui t’est confiée, la contrainte, une contrainte qui vient orienter, spécifier l’action, et des micro-tâches qui vont être donc les micro-tâches communicatives au service de la réalisation de la tâche.
Donc la macro-tâche comme elle l’appelle, c’est une tâche donc qui recouvre toute une séquence, qui nécessite la réalisation de tâches communicatives.
La macro-tâche et l’unité d’action
Donc elle, elle dit que la macro-tâche c’est son scénario d’apprentissage-action qui, autour duquel se fabrique l’unité d’action, c’est l’autre nom qu’elle donne à l’unité didactique, à l’unité de séquence.
Donc je vais vous donner un exemple de scénario-apprentissage-action qu’elle nous livre.
Exemple de scénario-apprentissage-action : recruter un candidat
Alors donc comme vous pouvez le voir, on a un exemple de scénario-apprentissage-action avec une mise en situation, vous travaillez dans une entreprise à Londres et le responsable des ressources humaines vous demande d’étudier le dossier de deux candidats qui sont postulés pour un poste dans une filiale française.
En tant que chef d’équipe, vous étudiez, votre étude doit se faire à partir du profil de poste 6 juin.
La tâche à accomplir, il y en a deux. Vous allez rencontrer Mr. Jones et lui présenter votre préférence entre les deux candidats.
Dans un deuxième temps, vous défendrez votre position en répondant à ses questions.
Deuxième tâche, vous écrirez un courrier à Monsieur Blum, directeur de la filiale française, pour lui exposer la décision arrêtée lors de votre entretien avec Mr. Jones.
Moyen pour y parvenir, vous allez étudier un certain nombre de documents imprimés et sonores qui ont été rassemblés et aurez l’occasion d’obtenir des infos essentielles qui vous manquent en téléphonant à un membre du service psychotechnique de l’entreprise qui connaît les deux candidats.
Les micro-tâches au service de la tâche complexe
Donc dans ce dernier, on a les micro-tâches qui permettent de réaliser la tâche, on a la tâche complexe et on a la mission avec sa contrainte d’encrer dans une situation particulière et un domaine bien entendu.
Donc ça, c’est pour vous donner un exemple, c’est une possible transcription de la perspective actionnelle.
Ça a le mérite de fournir quelque chose aux enseignants, ça fonctionne très bien dans le système éducatif, dans le système scolaire, je pense.
Les limites et les critiques de l’approche communic’actionnelle
Et si ça permet de donner une guidance aux enseignants de langue dans le système scolaire, c’est une très bonne chose.
Maintenant, je vais mettre quelques points d’interrogation et des critiques éventuelles ou en tout cas des positionnements peut-être un petit peu différents.
Différences entre macro-tâche, micro-tâche, tâche finale et tâche intermédiaire
Alors, vous l’aurez marqué, on n’est pas tout à fait d’accord sur le vocabulaire, elle utilise le vocabulaire de macro-tâche, micro-tâche, moi j’utilise le vocabulaire de tâche finale, tâche intermédiaire.
Bon, les deux points de juste défense, ça vraiment c’est un positionnement, je ne voulais pas m’étendre dessus parce que c’est du pinaillage, du peaufinage, c’est pas très très très intéressant pour vous.
La place des besoins sociaux des apprenants dans la perspective actionnelle
Par contre, ce que je trouve qui est manquant, en fait si vous voulez, pour vous donner le contexte, Claire Bourguignon, elle est donc formatrice à l’ESPE, donc elle forme des professeurs du système scolaire, des enseignants du système scolaire de l’éducation nationale et donc en fait on a l’impression qu’elle ne part pas, qu’on part pas avec cette transposition pédagogique de la perspective actionnelle, cette démarche qu’on ne part pas des besoins sociaux des apprenants, mais en fait je pense que si c’est juste que du coup comme le public est vraiment les apprenants du système scolaire, on les prend vraiment comme acteurs sociaux apprenants, on part sur des besoins qui sont essentiellement scolaires, mais du coup ça ne fonctionne pas du tout si on a des apprenants qui ne sont pas dans le système de l’éducation nationale, dans le système scolaire.
Je m’explique, dans la perspective actionnelle, le premier point de départ c’est vraiment le besoin social des apprenants puisqu’il faut que ça ait du sens pour eux et donc avoir des missions fictives qui vous sont confiées, ça ne correspond pas à un autre type d’apprenant.
Les situations fictives et les situations réelles en classe de FLE
C’est d’ailleurs un des soucis je trouve avec cette démarche là, c’est qu’on est constamment dans des situations fictives, c’est à dire qu’on pourrait avoir des tâches scolaires uniquement, puisque c’est le souci, on se retrouve avec des tâches que scolaires et on n’a pas parlé de la dimension collective de l’apprentissage mais je pense que c’est sous-jacent, mais on a des tâches uniquement scolaires qui sont dans ce cas là je pense sociales aussi puisqu’on l’a dit, on a un apprenant acteur social mais si on a un public, on ne peut pas avoir que des tâches sociales.
C’est le souci majeur que je vois, c’est qu’on n’a que des situations fictives, or on peut très bien même avec un public d’apprenants d’élèves avoir des situations réelles qui font appel au réel, au jeu, au moi.
Donc plutôt que d’avoir une situation fictive, avoir peut-être une situation fictive mais avec quelque chose de relié à sa réalité à soi, plus ancré dans sa réalité, la réalité de chaque apprenant et ensuite être plus relié aux besoins des apprenants en fonction des projets de chacun.
Adapter les tâches aux projets et à la réalité des apprenants
On peut avoir des situations peut-être moins éloignées que ce cas là où il y a d’autres cas, par exemple le cas d’un voyage culturel à l’étranger qu’on pourrait organiser, ça pourrait être une autre idée de tâche.
Enfin voilà, donc c’est le seul truc qui pour moi dénote avec la perspective actionnelle, c’est qu’on est un peu loin du coup du réel acteur social comme le veut la perspective actionnelle.
Donc ça fonctionne après pour moi, selon moi c’est mon positionnement, je pense que chacun s’approprie un petit peu à sa manière ou comprend à sa manière ce qu’est la perspective actionnelle, mais en tout cas pour moi c’est ce qui manque, c’est qu’on est un peu loin du besoin social de l’apprenant et donc de la situation qui pourrait être la plus proche de sa réalité à lui.
Approche communic’actionnelle et approche communicative : quelles différences ?
Là je trouve qu’on le retrouve moins, on est plus dans le fictif, j’ai l’impression qu’on va être du coup dans la simulation et qu’on va être un peu plus proche à mi-chemin avec la communicative, c’est peut-être juste pas assez détaillé mais c’est vraiment l’impression que j’ai en tout cas de cette démarche là.
Conclusion : l’approche communic’actionnelle dans l’enseignement du FLE
Vous l’aurez compris, pour vous faire une petite conclusion c’est une démarche intéressante, c’est peut-être un outil qui va vous parler, c’est assez adapté pour le système scolaire, les enseignants du système scolaire.
Mon point de vue diffère un petit peu, pour moi on part vraiment des besoins sociaux des apprenants en fonction du public que vous avez en part de la réalité, on les met dans des situations qui sont leur propre situation, on les laisse agir en tant qu’acteurs sociaux et on a donc parfois des tâches scolaires mais aussi des tâches sociales.
Évaluer les compétences et les stratégies plutôt que le niveau linguistique
C’est ce qui manque un petit peu, par contre ce qui est très intéressant et on en parle souvent c’est aussi comment est-ce qu’on va évaluer, on n’évalue plus un niveau, on ne dit plus A tu es B1, B2 machin chose, on n’évalue pas les connaissances linguistiques en tant que telles, on va venir évaluer la réalisation de la tâche, donc la stratégie mise en place par la réalisation de la tâche et par conséquent venir aussi évaluer les compétences mobilisées, si elles sont mobilisées de manière efficace ou pas, par les apprenants.
Donc voilà pour ce qui est la communication actionnelle, j’espère que ça répond à votre demande, n’hésitez pas à laisser un commentaire, je vous dis merci et à bientôt !
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